Anta de Monte Abraão

Lisbonne à la préhistoire

Me voilà engagée dans un grand projet qui est de vous faire connaître et aimer ma ville de cœur. Et quoi de mieux que l’histoire pour expliquer la Lisbonne d’aujourd’hui. Il me paraissait logique de commencer par la préhistoire et donc de voir si la région de Lisbonne était déjà habitée durant cette période.

Une petite visite au Musée de la ville

Donc, j’ai fait quelques recherches en allant au Musée de la ville qui consacre une salle à la préhistoire lisboète. On y apprend que plusieurs fouilles archéologiques ont permis la découverte de différents vestiges, notamment des bifaces retrouvés à Campolide, qui attestent de la présence d’hominidés dans la zone de Lisbonne entre 300 000 et 100 000 ans avant J.-C. Des vitrines exposent des silex, pierres taillées, fragments d’os et céramiques spécifiques de l’ère Néolithique. Des panneaux expliquent (en portugais) l’évolution des modes de vie dans la région, passant du nomadisme avec chasse et cueillette à une vie plus sédentaire grâce au développement de l’agriculture (1). La découverte d’objets en métal démontre une occupation du territoire durant l’Âge de Bronze. Tout ceci prouve que la région de Lisbonne était accueillante et propice à l’installation des hommes. En effet, elle constituait une zone fertile grâce à ses nombreuses sources, facilement défendable avec ces collines et possédant d’abondantes ressources en nourriture et en bois. De plus, le Tage était riche en poisson et facilitait les échanges entre les tribus dispersées le long de ses rivages (2).

Dolmen de Monte Abrãao

Anta de Monte Abraão

Outre l’exposition de vestiges préhistoriques, une grande maquette de la ville de Lisbonne, montre les différents «spots» archéologiques où ont été retrouvés ces vestiges préhistoriques. Mais ce qui a retenue mon attention est une photo montrant une «anta» ou dolmen à Monte Abraão, une commune de Sintra, se trouvant non loin de Lisbonne. Je me suis dit que ça vaudrait le coup de le voir d’un peu plus près. De là, je fais des recherches sur internet. Le dolmen (daté entre 2500 et 2300 ans av. J.-C.) fait partie des «antas de Bela», classées monument national depuis 1910, et qui ont malheureusement, subies quelques dégradations suite à l’urbanisation de la région(3). D’autre part, je découvre qu’en plus d’être un spot de géocaching, il est aussi connu pour sa décharge sauvage. Heureusement, le dolmen se situe près de la gare de Queluz/Belas donc rien d’insurmontable pour mes petites gambettes.

A la recherche de « l’anta » perdue


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A la sortie de la gare Queluz/Belas, je me trouve face à un grand ensemble d’immeubles style cité dortoir, pas très préhistorique tout ça ! Des panneaux m’indiquent le chemin, m’orientant vers le sommet de la colline. Je dois vous dire que j’adore écouter des livres, et ce jour-ci j’arrivais à la fin de la Chambre des morts de Frank Thilliez. Un bon thriller morbide à souhait dont l’intrigue se situe dans le Nord de la France. Les descriptions sont extrêmement réalistes et me donnent la chair de poule. Et donc me voilà accompagnée par des images de scènes macabres en traçant ma route entre les immeubles. Arrivée enfin au sommet, je me trouve, à l’entrée d’un champ qui ressemble à un terrain vague égayé par quelques pylônes. Je suis seule, avec seulement dans les oreilles, le jeu de cache-cache mortel entre l’héroïne et « la Bête ». Le suspense est insoutenable. Je vous l’avoue, je n’étais pas tranquille du tout, mais alors pas du tout. Des images surgissent dans ma tête. Moi, sacrifiée sur le dolmen. Les Experts portugais prenant des photos de mes pauvres restes…Je cours jusqu’à la pierre en me retournant pour vérifier que « la bête » n’est pas à mes trousses. Le souffle court, j’écoute les derniers chapitres, adossée au dolmen. Et là patratas, mon délire prend fin brutalement avec le livre. Une fin en queue de poisson. Retour à la réalité. Face au dolmen, je reste un peu dubitative et frustrée. Oui, frustrée par la fin du roman et par ce que je vois. J’en fais le tour en me disant que finalement, y’a pas de quoi casser trois pierres à un dolmen. Je jette un coup d’œil à l’ancienne carrière, qui reste sans surprise une décharge sauvage. Pas un petit panneau explicatif, rien. Je prends quelques photos et m’en retourne à Lisbonne. Mon aventure s’achève bien piteusement.

Dolmen Monte Abrãao

Entre la gare du Rossio/Lisbonne et la gare de Queluz/Belas : 20 min (voir horaires)

De la gare jusqu’au dolmen : 15-20 minutes à pied.

  1. Museu da Cidade
  2. JACK Malcom, Breve história de Lisboa cidade do mar, Alêtheia editores, 2007
  3. IGESPAR

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