Archives de catégorie : Histoire

Les Marches Populaires de Lisbonne – Festas de Lisboa

Les Marches Populaires ou Marchas Populares, dont la première édition date de 1932, représentent le temps fort des Festas de Lisboa. Durant cet évènement lisboète et national, diffusé sur la chaîne publique RTP1, sont célébrés les différents quartiers ou bairros de Lisbonne. Divers cortèges représentant chacun un bairro, s’affrontent lors de plusieurs défilés dont le plus important se déroule le 12 juin, sur l’Avenue de la Liberté et pourront ainsi gagner un des prix suivant :

  • Meilleur défilé sur l’Avenue de la Liberté
  • Meilleure scénographie
  • Meilleure musique
  • Meilleures paroles de chanson
  • Meilleure chorégraphie
  • Meilleur costume
  • Meilleure composition originale

Chaque cortège comprend des danseurs et des musiciens qui, dans un temps limité, chantent et exécutent une chorégraphie. Les chansons, la scénographie et les costumes doivent représenter l’identité du bairro et un thème préalablement choisi. Si pour beaucoup, ce n’est que du folklore kitsch, paillettes et fanfreluches ; pour d’autres cette tradition permet de maintenir et renforcer l’identité de chaque quartier.

La vidéo ci-dessous vous donne un aperçu des Marches Populaires 2013 :

Photo à la Une : Marcha dos Mercados, José Frade.

Saint-Antoine – Festas de Lisboa

Saint-Antoine, né à Lisbonne en 1195, tout près de la cathédrale Sé, était un prêtre franciscain, remarquable prédicateur et brillant orateur. Son éloquence était telle que même les poissons s’approchaient du rivage et sortaient la tête hors de l’eau pour l’écouter. D’autre part, il enseigna la théologie dans diverses universités de France et s’installa dans les dernières années de sa vie à Padoue où il meurt en 1231. Il sera canonisé l’année suivante et deviendra un des Saints les plus vénérés au Portugal et particulièrement à Lisbonne. Le jour de la Saint-Antoine, le 13 Juin, est férié dans la capitale et les Festas de Lisboa, lui sont en grande partie dédiées. Même si, pour beaucoup, les fêtes sont devenues aujourd’hui, un commerce juteux, elles permettent, toutefois, de maintenir un ensemble de traditions et de folklore notamment liés au culte de Saint-Antoine.

Mariages de la Saint-Antoine

Les fameux mariages de la Saint-Antoine, une tradition reprise en 1997 par la mairie de Lisbonne, représentent un des évènements les plus romantiques des Festas de Lisboa. Se marier à la Saint-Antoine, c’est la certitude d’avoir un mariage heureux. Le principe, 16 jeunes couples lisboètes sont sélectionnés et leur mariage civil ou religieux est organisé par la ville et diverses marques associées à l’évènement. Sur la page facebook Casamentos de Santo António, vous pouvez faire la connaissance des couples sélectionnés et suivre l’organisation et le déroulement des mariages. Le 12 juin, après les cérémonies civiles et religieuses, réservées à la famille et aux invités, les jeunes mariés défilent dans les rues de Lisbonne et participent au grand spectacle des Marches Populaires sur l’Avenue de la Liberté.

Les autels de Saint-Antoine

La tradition des autels dédiés à Saint-Antoine, remonte au 18ème siècle. Ils étaient généralement faits par des enfants et servaient à récolter de l’argent pour la reconstruction de l’église Saint-Antoine, détruite lors du tremblement de terre de 1755. Depuis, cette tradition perdure sous la forme d’un grand concours où est élu le plus bel autel. Ils sont généralement présentés sous forme d’escalier où Saint-Antoine occupe la marche la plus haute. Ornés de fleurs en papier et de basilic (manjerico), apparaissent aussi divers symboles liés au saint comme les poissons, l’enfant Jésus, les livres ou les fleurs de lys. Le manjerico, plante aromatique, est un symbole fort des Festas de Lisboa. Traditionnellement, on achète un pot que l’on garde jusqu’à l’année suivante. La plante est accompagnée d’un petit poème dédié au saint, à l’amour ou tout simplement aux fêtes et d’un œillet en papier crépon.

Autel de Saint-Antoine. 1953. Photo de Armando Serôdio.  PT/AMLSB/SER/S00084
Autel de Saint-Antoine. 1953. Photo de Armando Serôdio.
PT/AMLSB/SER/S00084

La procession de la Saint-Antoine

Le 13 Juin, jour de la Saint-Antoine, une grande procession est organisée dont l’origine remonte au XVIème siècle. L’église Saint-Antoine, propriété de la municipalité de Lisbonne, marque le point de départ du cortège qui ensuite parcourt quelques rues de l’Alfama pour enfin revenir à l’église.

Photo en Une : Manjericos, photo de José Frades

La Révolution des Œillets à Lisbonne, 25 Avril 1974 – 25 Avril 2014

Le 25 Avril 1974, à 00h20, passe à la radio la chanson « Grândola, Vila Morena » de Zeca Afonso. C’est un des signaux qui marquent le début de la Révolution, préparée de longue main par les Capitaines de l’armée portugaise, afin de renverser la dictature. Au petit matin, plusieurs escadrons occupent différents points stratégiques de Lisbonne, Terreiro do Paço, l’aéroport, le siège de RTP, télévision d’Etat, etc. Apprenant, plus tard dans la journée, que le Président du gouvernement, Marcello Caetano, s’est réfugié à la caserne de la GNR (Guarda Nacional Republicana, équivalent de la Gendarmerie), située Largo do Carmo, plusieurs troupes convergent vers ce nouvel objectif. Sur le chemin, ils sont acclamés par la foule qui leur distribue nourriture, boissons et les fameux œillets qui deviendront le symbole de ce jour historique. Devant la forte mobilisation et la multitude compacte, lisboètes et militaires mêlés, rassemblée sur la petite place du Carmo, Marcello Caetano n’a d’autre choix que de passer le pouvoir au Général Spínola qui présidera une Junte Militaire de Salut National qui aura comme rôle de maintenir l’appareil gouvernemental. Même si pour beaucoup, cette Révolution fut dans l’ensemble pacifique, on comptera 4 morts devant le quartier général de la PIDE, police politique d’Etat qui tira sur la population avant de se rendre le 26 Avril 1974 à 9h30.

Véhicule militaire exposé devant la mairie de Alcântara

Dans le but de commémorer cette date décisive de l’histoire du Portugal, plusieurs évènements, expositions, conférences et spectacles sont organisés à Lisbonne dont :

Une exposition de Street Art à travers la capitale, fresques et camions-poubelle aux couleurs de la révolution. Toutes les infos sur Galeria de Arte Urbana.

Exposition de photographies des moments forts de la Révolution de la Praça do Comércio jusqu’au Largo do Carmo, du Chiado à la Rua António Maria Cardoso, de la Rua do Alecrim à la Rua da Misericórdia. Gratuit. A partir du 24 avril 2014 à 18h jusqu’au 30 mai.

Grand spectacle sur le Terreiro do Paço à partir de 22h30. Spectacle son et lumière, concert et grand feu d’artifice. Programme disponible sur www.25abril40anos-cm-lisboa.pt.

Pique-nique géant dans le parc Eduardo VII à partir de 10h30 avec diverses activités sportives, concerts et théâtre.

Pour plus d’info et de photos, rendez-vous sur les pages facebook et pinterest de Lisbohème.

São Martinho-Manger des châtaignes grillées à Lisbonne

La légende de São Martinho

Novembre, l’automne a aussi établi ses quartiers à Lisbonne. Heureusement, vers le 11, le temps se radoucit et le soleil brille comme en été, grâce à São Martinho. D’après la légende, Martinho était un valeureux soldat romain qui faisait route pour la France. Il traversait les Alpes où le froid et le vent sévissaient quand en chemin, il rencontra un mendiant. Continuer la lecture de São Martinho-Manger des châtaignes grillées à Lisbonne

Lisbonne à la préhistoire

Me voilà engagée dans un grand projet qui est de vous faire connaître et aimer ma ville de cœur. Et quoi de mieux que l’histoire pour expliquer la Lisbonne d’aujourd’hui. Il me paraissait logique de commencer par la préhistoire et donc de voir si la région de Lisbonne était déjà habitée durant cette période.

Une petite visite au Musée de la ville

Donc, j’ai fait quelques recherches en allant au Musée de la ville qui consacre une salle à la préhistoire lisboète. On y apprend que plusieurs fouilles archéologiques ont permis la découverte de différents vestiges, notamment des bifaces retrouvés à Campolide, qui attestent de la présence d’hominidés dans la zone de Lisbonne entre 300 000 et 100 000 ans avant J.-C. Des vitrines exposent des silex, pierres taillées, fragments d’os et céramiques spécifiques de l’ère Néolithique. Des panneaux expliquent (en portugais) l’évolution des modes de vie dans la région, passant du nomadisme avec chasse et cueillette à une vie plus sédentaire grâce au développement de l’agriculture (1). La découverte d’objets en métal démontre une occupation du territoire durant l’Âge de Bronze. Tout ceci prouve que la région de Lisbonne était accueillante et propice à l’installation des hommes. En effet, elle constituait une zone fertile grâce à ses nombreuses sources, facilement défendable avec ces collines et possédant d’abondantes ressources en nourriture et en bois. De plus, le Tage était riche en poisson et facilitait les échanges entre les tribus dispersées le long de ses rivages (2).

Dolmen de Monte Abrãao

Anta de Monte Abraão

Outre l’exposition de vestiges préhistoriques, une grande maquette de la ville de Lisbonne, montre les différents «spots» archéologiques où ont été retrouvés ces vestiges préhistoriques. Mais ce qui a retenue mon attention est une photo montrant une «anta» ou dolmen à Monte Abraão, une commune de Sintra, se trouvant non loin de Lisbonne. Je me suis dit que ça vaudrait le coup de le voir d’un peu plus près. De là, je fais des recherches sur internet. Le dolmen (daté entre 2500 et 2300 ans av. J.-C.) fait partie des «antas de Bela», classées monument national depuis 1910, et qui ont malheureusement, subies quelques dégradations suite à l’urbanisation de la région(3). D’autre part, je découvre qu’en plus d’être un spot de géocaching, il est aussi connu pour sa décharge sauvage. Heureusement, le dolmen se situe près de la gare de Queluz/Belas donc rien d’insurmontable pour mes petites gambettes.

A la recherche de « l’anta » perdue


Afficher Anta de Monte Abraão sur une carte plus grande

A la sortie de la gare Queluz/Belas, je me trouve face à un grand ensemble d’immeubles style cité dortoir, pas très préhistorique tout ça ! Des panneaux m’indiquent le chemin, m’orientant vers le sommet de la colline. Je dois vous dire que j’adore écouter des livres, et ce jour-ci j’arrivais à la fin de la Chambre des morts de Frank Thilliez. Un bon thriller morbide à souhait dont l’intrigue se situe dans le Nord de la France. Les descriptions sont extrêmement réalistes et me donnent la chair de poule. Et donc me voilà accompagnée par des images de scènes macabres en traçant ma route entre les immeubles. Arrivée enfin au sommet, je me trouve, à l’entrée d’un champ qui ressemble à un terrain vague égayé par quelques pylônes. Je suis seule, avec seulement dans les oreilles, le jeu de cache-cache mortel entre l’héroïne et « la Bête ». Le suspense est insoutenable. Je vous l’avoue, je n’étais pas tranquille du tout, mais alors pas du tout. Des images surgissent dans ma tête. Moi, sacrifiée sur le dolmen. Les Experts portugais prenant des photos de mes pauvres restes…Je cours jusqu’à la pierre en me retournant pour vérifier que « la bête » n’est pas à mes trousses. Le souffle court, j’écoute les derniers chapitres, adossée au dolmen. Et là patratas, mon délire prend fin brutalement avec le livre. Une fin en queue de poisson. Retour à la réalité. Face au dolmen, je reste un peu dubitative et frustrée. Oui, frustrée par la fin du roman et par ce que je vois. J’en fais le tour en me disant que finalement, y’a pas de quoi casser trois pierres à un dolmen. Je jette un coup d’œil à l’ancienne carrière, qui reste sans surprise une décharge sauvage. Pas un petit panneau explicatif, rien. Je prends quelques photos et m’en retourne à Lisbonne. Mon aventure s’achève bien piteusement.

Dolmen Monte Abrãao

Entre la gare du Rossio/Lisbonne et la gare de Queluz/Belas : 20 min (voir horaires)

De la gare jusqu’au dolmen : 15-20 minutes à pied.

  1. Museu da Cidade
  2. JACK Malcom, Breve história de Lisboa cidade do mar, Alêtheia editores, 2007
  3. IGESPAR